Tours, le 27 janvier 2003

Lucie Lom en 2002AU NOM DE LA LOIRE
QUITTE LA SCENE

 

Depuis 6 ans, l'équipe de Béton Production s'est lancée dans l'aventure du festival AU NOM DE LA LOIRE qui a permis la rencontre d'un public toujours nombreux (même sous la pluie battante) avec le travail de compagnies de référence mais aussi de nouveaux projets et de jeunes troupes.

Béton, déjà organisateur du festival AUCARD DE TOURS (musiques actuelles) et fondateur de la Radio Béton (qui "sévit" sur le 93,6 à Tours depuis 1985), ne pouvait pas passer à côté du soutien à la jeune création et à l'indépendance dans les arts de la rue !

Les Goulus Obsessionnels en 2001Mais si aujourd'hui la création est menacée par la disparition du statut des intermittents, par l'instrumentalisation de l'intervention urbaine, la diffusion des Arts de la rue est, elle aussi, en grand danger, pour ces mêmes raisons et d'autres qui lui sont propres :

- La diffusion se restreint de plus en plus à des commandes émanant de collectivités territoriales ou à l'organisation de festivals à gros budget à l'initiative de ces mêmes institutions, qui deviennent ainsi les partenaires financiers majoritaires et qui revendiquent leur participation financière en imposant aux programmateurs leur propre politique culturelle.

- Le désengagement des DRAC* du secteur de la diffusion renforce ce déséquilibre financier et contribue à contraindre les organisateurs à réduire les prises de risques auprès de jeunes compagnies, de spectacles à faible jauge ou de premières créations.

Les Generik Vapeur en 1999- Les villes souhaitent plus aujourd'hui des événements qui s'insèrent dans la vie de la cité sans l'investir véritablement, qui servent de vitrine à leurs investissements auprès des acteurs culturels locaux, cherchant à donner satisfaction au public le plus large avec le moins de nuisance possible (bruit, interdiction de stationnement, ...), sans finalement avoir une réelle réflexion culturelle.

La compagnie Cacahuète en 2000- Le côté militant et contestataire de certains spectacles, aspect qui est pourtant le fondement même de cette forme d'expression, provoquent dorénavant une stupeur mêlée d'incompréhension des bailleurs de fonds qui se sentent interpellés par les comédiens avec le sentiment latent de "payer pour se faire battre".

Les collectivités commencent donc à préférer travailler avec des sociétés d'événementiel sur la base de cahier des charges et d'appel à projet.

Métalovoice en 2000A la fin de l'année 2002, la Ville de Tours a cru que notre rôle dans le festival Au Nom de la Loire pouvait être réduit à celui d'un prestataire, qu'un comité de pilotage artistique devait chapeauter notre programmateur, qu'il était nécessaire de redéfinir les objectifs du festival pour y intégrer de nouveaux domaines artistiques sans augmenter les moyens financiers du festival.

Pour toutes ces raisons, c'est avec beaucoup d'amertume que nous avons informé la ville que nous nous retirions du festival que nous avions créé, notre indépendance ne pouvant être en jeu.

Béton Production, ses bénévoles et ses intermittents, souhaitent donc longue route aux compagnies invitées depuis 1997 (et aux autres aussi) et remercie tous ceux qui ont soutenu ce festival.

L'équipe du festival


* DRAC : Directions Régionales des Affaires Culturelles