

|
Rubin Steiner fait partie des ces musiciens passionnés qui, de l'écriture de fanzine à l'animation radio, ou encore au travers le montage de son label Travaux Publics, ont accumulé une connaissance musicale hors normes qui va bien au delà de tel ou tel style musical. Et comme s’il avait constitué inconsciemment une immense base de données, une banque de sons infinie dans laquelle il suffirait de piocher pour composer, la musique de Rubin Steiner est indescriptible, insaisissable. Souvent basée sur des samples et des bricolages électroniques elle prit tour à tour une tournure electro, jazzy, pop ou hip-hop. Accompagné en live par ses musiciens du Neue Band, il sillonna ces dernières années la France entière. C'est peut-être de cette expérience de tournée, expérience ancrée dans l'imaginaire "rock", qu'est né son dernier album Weird Hits, Two Covers and a Love Song. Cet album sorti en ce début d'année 2008 est résolument plus rock que les précédents. Exit les samples à gogo, la bidouille sur MPC (machine de production musicale electronique) et les arrangements de cuivre: Weird Hits... sonne brut. Sur quelques morceaux d'allure pop discoïde on peut même sentir des réminiscences punk. Toujours fourmillant d'idées et de références, ce disque est néanmoins plus clair. Commençons par ces tubes: de l'hymne de stade à l'apogée dancefloor, on touche ici à la science du tube, de la mélodie, du refrain qui tue. Les claviers vintage ont aussi la part belle, tout spécialement sur les instrumentaux entêtants d'influences krautrock où on n’hésitera pas à s'abandonner au headbanging voodoo. Avec un live à la hauteur de l'album, le Chapit'Auc va vibrer à coups de choeurs enfiévrés et de danses endiablées. Aucard de Tours se devait de recevoir le Tourangeau Rubin Steiner qui, avec quelques autres, place Tours sur la carte des musiques actuelles comme une ville qui compte désormais beaucoup. |
||