HISTORIQUE
Créée en 1984, Radio-Béton
commence à émettre en novembre 1985 et renaît des cendres de TransisTours
(la première radio associative Tourangelle). Musicalement radicale (Punk,
Rock Alternatif...) et issue de l'esprit des radios libres du début
des années 80, les animateurs jeunes et énervés font tache dans le paysage
radiophonique régional. Comme 50% des radios de l'époque, elle émet
sans autorisation. Au bout de six mois, elle est interdite et organise
alors le premier festival Aucard de Tours.
Plus qu'une radio, Béton!
dès ses débuts se veut acteur culturel dans la ville et défenseur des
musiques ignorées des médias. A ce moment l'association s'appelle P.U.N.K.
(Pour Une Nouvelle Kulture) et commence à se faire entendre hors
des transistors (cf Aucard de Tours, Bourse aux disques).
En mai 1986 Radio-Béton
se voit offrir sa première interdiction par la Haute Autorité. Elle
reprend en novembre 1986 et émet sans autorisation jusqu'au mois de
juin 1990 où le CSA sévit et fait saisir le matériel. Après maintes
discussions, courriers aux institutionnels et appels à l'aide, Béton!
décide d'enfoncer le clou en organisant une manifestapérock
qui réunit près de 2000 personnes dans les rues de Tours. En octobre
1990 la radio émet à nouveau et cette fois elle est autorisée et s'installe
à l'Espace Gentiana.
Radio-Béton a peu
déménagé en treize ans d'existence. Les premières émissions ont été
diffusées de L'Amphi (aujourd'hui Le Bateau-Ivre) et un an plus
tard, c'est la MJC de Saint-Symphorien qui l'accueillait. La MJC détruite,
les animateurs du lieu et l'équipe de Béton! emménagent à l'Espace Gentiana.
C'est l'époque où plusieurs
radios de la même trempe et qui ne se connaissaient pas s'aperçoivent
qu'elles ne sont pas seules. La Férarock (FEdération
de Radios Associatives ROCK) voit le jour au début de l'année 1991 et
Béton! l'intègre six mois plus tard. Ce groupement permet de
crédibiliser le travail de ces radios à petits budgets auprès des maisons
de disques et de faire front face à des problèmes éventuels. C'est aussi
un classement mensuel des artistes français les plus diffusés sur les
radios de la Férarock qui est édité et diffusé dans plusieurs
magazines : Le XXX de France.
Aujourd'hui, la Férarock
édite le ROCK 30 ou encore FUSION, classement bihebdomadaire
des artistes toutes nationalités confondues. La Férarock n'est
pas un réseau, chaque radio a ses particularités et son programme propre,
mais pratique couramment des échanges d'interviews, d'émissions et des
opérations de partenariat.
En novembre 1995, Béton!
fête ses dix ans. Les studios se voient déplacés au Petit-Paris
rue Nationale. Pour marquer le coup Scèn'Art Vidéo réalise
un montage de deux heures à partir d'images filmées par eux depuis 7-8
ans, de reportages de FR3 Tours et M6 Tours. La diffusion publique,
qui a lieu au Brind'zinc, est suivie d'un concert de Spook & the
Guay. Un petit amuse-gueule, comparé au lendemain : la Bétyoton
est la première co-réalisation avec YO! Production. Des centaines
de mètres carrés d'usine à Saint-Pierre-des-Corps sont investis un mois
durant pour préparer la fête qui acceuillera 2500 personnes dirigées
vers le lieu par un radioguidage.
Radio-Béton est perçue
comme une station qui ignore l'actualité. Même si l'actualité n'est
pas son fort, lorsque la radio s'intéresse a un événement social elle
s'y consacre en entier. Le droit au logement, le statut des intermittents
du spectacle, le mouvement des chômeurs et la venue du pape
à Tours sont des sujets sur lesquels l'ensemble de l'équipe s'est
totalement investie. En septembre 1996, Jean-Paul II passe trois jours
à Tours dans le cadre de sa tournée française, un événement ultra-médiatisé.
Radio-Béton le fête à sa manière et décide d'accueillir dans
ses studios les catholiques homosexuels, les catholiques qui ne sont
pas en phase avec les idées du pape et tous ceux à qui on a retiré la
parole lors de sa venue. Cette manifestation radiophonique s'appelle
La Pape-Out et de nombreux artistes viennent jouer en direct
(LoJo... ) ou envoient des titres réalisés sur le thème (François
Hadji-Lazaro... ).
A Radio-Béton les
projets fusent et n'aboutissent pas toujours. Les rockers ont
du coeur est une opération réalisée en 1994. A l'image de plusieurs
associations en France Béton! décide d'organiser un concert au
profit de l'enfance défavorisée. Le prix d'entrée est un jouet neuf.
Ces jouets sont ensuite redistribués aux enfants qui n'ont pas de Noël
par l'intermédiaire d'associations caritatives locales. Par manque de
temps et de moyens, l'opération est abandonnée l'année suivante malgré
la réussite de la première édition de ce type à Tours. Depuis, chaque
hiver, les auditeurs et les maisons de disques sont mis à contribution
pour soutenir la banque alimentaire d'Indre-et-Loire. Les maisons
de disques envoient des objets promotionnels de leurs artistes qui sont
ensuite gagnés par les auditeurs en échange de nourriture non-périssable.
Radio-Béton reverse ensuite toute cette nourriture à la banque
alimentaire qui la redistribue aux oeuvres caritatives locales (Secours
Populaire, Restos du Coeur...).
Radio-Béton n'oublie
pas qu'elle est un média désireux de diffuser les musiques et les différentes
formes d'art qu'elle soutient par tous les moyens. Personne ne s'est
attaqué à la télévision locale en Touraine? Béton! tente
l'aventure et en août 1996 commence à réfléchir autour du projet Télé-Béton.
L'association Scèn'Art Vidéo est de suite mise à contribution,
pour son savoir-faire et son expérience en matière de production vidéo
dans le secteur culturel. Télé-Béton serait diffusé sur le canal
8 local (qui n'est que trop peu utilisé) durant le festival Aucard
de Tours en juin 1998. Une émission journalière de 20 minutes couvrant
le festival mais aussi les activités de diverses associations culturelles
locales. Les émissions seraient diffusées plusieurs fois durant les
six jours de l'évènement, sur le canal 8 et sur des sites reliés exceptionnellement
au câble durant l'opération.
Le projet est abandonné faute
de moyens et de volonté de la part des partenaires locaux, seuls France
Télécom Câble et le service communication de la ville de Tours s'étant
engagés.
En mars 1998 Bruno Mégret
du Front National se rend à Tours pour y faire campagne. Considéré comme
dangereux par Béton! (comme en 1995 lors de la venue de Jean-Marie
Le Pen), une autre campagne (d'information) est lancée sur les ondes
pour contrer les idées de ce parti et motiver les auditeurs à rejoindre
la manifestation organisée par un collectif de militants. Ce qui vaut
à Radio-Béton une première menace verbale de la part du responsable
du FN d'Indre-et-Loire lors du meeting. Ce qui n'inquiète aucunement
l'association qui continuera à affirmer ce qu'elle veut, où elle l'entend,
avec qui elle le désire.
Internet est un bon moyen
pour le faire et c'est aussi un outil de communication non-négligeable
pour Radio-Béton et les diverses activités qu'elle développe.
Depuis le mois d'avril 1998 l'adresse internet est : www.radiobeton.com.
LES EMISSIONS
Programmation générale
: Salariés
De 7h00 à 19h00 du lundi
au vendredi et de 8h00 à 14h00 le samedi.
Animations musicales en direct, agendas culturels, chroniques, interviews
(musiques, culture, social...), reportages (festivals, manifestations
culturelles, sociales... ) et création de programmes diffusés sur
le réseau Férarock.
Emissions spécialisées
: Bénévoles
De 19h00 à tard dans la
nuit du lundi au vendredi, de 14h00 à minuit le samedi et de 9h00
à tard dans la nuit le dimanche.
Emissions en direct musicales, thématiques (ciné, culture,...) et
loufoques.
LES
MUSIQUES
Les grandes tendances
Rock, Hip-Hop, Reggae,
Techno, Hardcore, Ska, Jungle, Pop, Indus, Garage, Métal, Trip-Hop,
Ragga, Punk, Big-Beat, Noise, House.
Les autres
Funk, Jazz, Chanson, Blues,
Soul, Hard-Rock, Latines, Antillaises, Africaines, Celtes, Raï.
LES
CHOIX DE PROGRAMMATION
Radio-Béton, n'ayant
aucune contrainte commerciale, se permet de diffuser des artistes peu
connus, des autoproductions, sur tous supports (CD, Vinyls, K7), sans
pour autant dénigrer les artistes à plus forte audience.
L'oreille est le seul critère
de sélection.
LES PLAYLISTS
Publiées dans Musique
Info Hebdo
ROCK 30 par Yann Cruhau
BLACK LIST par Georges
"Tak'si" Dogbeh
FUTUREMIX par Sophie Bellamy
Publiée dans Fréquences
Libres, Décibel 101, Longueur d'Ondes, Abus Dangereux
XXX de France par Yann
Cruhau
OPERATIONS
PONCTUELLES
Studio Déplacé sur Aucard
de Tours
Dans un premier temps la
radio avait son festival, depuis 1996 le festival a vraiment sa radio.
Radio-Béton promeut et couvre l'événement comme il se doit
et se transporte en plein centre-ville, au coeur de l'action. C'est
aussi un lieu d'attraction important puisque c'est ici que les spectateurs
rencontrent les artistes du festival lors des émissions en public.
On retrouve aussi des retransmissions de concerts en direct et une
diffusion de la radio sur le site du festival pendant les changements
de plateau.
Dans un bus place Jean-Jaurès,
dans un chapiteau de cirque sur l'île Aucard, dans une caravane Disco
au bord du lac, le studio-mobile de Radio-Béton aime l'insolite.
Les Bétonnades Allstars
Sorte de grande joute verbale,
ce tournoi de débats d'improvisations radiophoniques se veut être
une grande émission télévisée de variété. Chaque année les animateurs
de Radio-Béton forment leur équipe et s'affrontent autour de
la table de 2000Man qui tire au sort les sujets de débats. Les concurrents
n'ont que 30 secondes pour créer leur personnage et improviser sur
le thème (Ex : Faut-il reconstruire le mur de Berlin?).
Les éliminatoires se déroulent
en direct sur 15 jours dans des modules d'émissions quotidiennes de
3/4 d'heure. Chaque jour un illustre inconnu (fausse star de variété
triée sur le volet) justifie par sa présence l'importance de l'émission.
Les épreuves finales et la remise des prix ont lieu en direct et en
public à l'Espace Gentiana. Des agents de sécurité professionnels,
les plus beaux mannequins du monde et le "tout-Tours" côtoient
le public qui vote à cartons-levés.
La première édition en
janvier 1998 fût un grand moment radiophoniques de télévision.
Couverture des festivals
Promotion et présentation
du programme en amont, comptes-rendus par téléphone en direct de l'événement
et émissions spéciales (interviews, prises de son... ) à l'issue du
festival.
L'équipe de Radio-Béton
est présente sur : le Printemps de Bourges, les Eurockéennes
de Belfort, Rock au Max, les Francofolies,
Chalons dans la rue, Saint Nolff, les Transmusicales
de Rennes, Aurillac...
Le 21 juin 1986, Radio-Béton
décide d'organiser son premier festival sur l'île Aucard, en
plein centre de Tours, à la suite de son interdiction d'émission. 12
groupes pendant 12 heures et pour un budget de 12 000F. Depuis,
tous les ans, dans la dernière quinzaine du mois de juin, Aucard
de Tours contente la jeunesse de la région tourangelle. Au fil des
ans le festival a évolué et s'est développé de manière considérable.
Ainsi, plusieurs noms lui ont été attribués avant de trouver son nom
actuel en 1990 : Le rappel du 18 juin en 1988, Bleu Blanc
Rock en 1989...
1988 c'est aussi l'année
où le festival décide d'investir la rue. La formule des Apérocks
est lancée. Des groupes locaux jouent à la terrasse des bars et le public
tourangeau découvre les talents du cru.
Autres Tourangeaux, les habitants
de la prison Henri-Martin. Durant cinq ans, des concerts y sont
organisés et rencontrent un vif succès. Une opération qui hélas n'est
plus reconduite, les autorités carcérales considérant qu'il ne faut
pas habituer les détenus.
Quelques opérations ponctuelles
balisent le chemin d'Aucard de Tours, comme une compilation de
groupes de Tours en 1992, le Prix Rockattitude conduit sur 3
ans...
Depuis 1991 le grand concert
final, qui se déroulait sur l'île Aucard, se déporte au Lac de Tours
et reçoit de 15000 à 20000 personnes. Le festival se développe et dure
une semaine dans plusieurs lieux tels que les Studios Cinéma,
le Bateau-Ivre, des cafés etc... Depuis 1997, Aucard décentralise et
organise des concerts à Loches et Chinon, en coproduction avec
les collectivités locales.
Toutes les formes d'art intéressent
les acteurs du festival, on se rappellera de l'affiche de Combas
et de la performance de Speedy Graphito mais surtout de la naissance
de OKArt en 1996. Une opération qui permet d'inviter des
artistes régionaux à exposer dans des lieux insolites tels qu'une boucherie,
un salon de coiffure, des magasins désaffectés, des bars...
N'oublions pas que le festival
Aucard de Tours est organisé par une radio. En 1996 et 1997,
la société des transports en commun Fil Bleu dispose un
de ses bus place Jean Jaurès, en plein centre-ville, et le studio mobile
Béton! s'y installe. Pendant une semaine, les émissions sont
réalisées en direct et en public à partir de ce bus devant lequel des
spectacles musicaux et théâtraux sont organisés ainsi que dans les bus
qui parcourent habituellement la ville.
En 1998 le studio mobile
intègre le Chapit'Auc. Un lieu de rencontres entre les
artistes, le public et les organisateurs sur l'île Aucard, point de
départ du festival.
Pôle Info Musiques Actuelles
créé en Avril 1998.
Que Radio-Béton s'intéresse
aux talents musicaux tourangeaux, ça n'est pas nouveau. Ce qui l'est,
c'est qu'elle officialise enfin ce rôle de banque infos et de
relais entre les groupes, les salles et les organisateurs de
concerts, afin de mieux s'y consacrer.
La fonction première du Pim@nt
étant de centraliser les informations sur les artistes musicaux (style,
bio, documents sonores... ), les salles de concert (capacité, tendances
musicales, prix de location... ), les studios de répétition et d'enregistrement
(tarifs, disponibilités techniques...), les organisateurs de concerts,
les techniciens son ou lumière.
Bref, mettre à disposition
du public un véritable lieu d'échanges et permettre en même temps
à tout un chacun de venir se rincer les tympans du bouillon musical
tourangeau.
Le Pim@nt est en pleine
phase de développement et met en place son fichier avant de trouver
un lieu pour s'installer.