Il n’est jamais trop tard pour dénicher un bon album. Sorti en juillet, Béton a peut-être un train de retard, mais la claque de ce second disque du groupe PUP, natif de Toronto, valait bien une petite oreille en arrière.
Un second album donc, au titre ironique qui fait écho aux mésaventures de santé du chanteur, qui a dû probablement abuser des bonnes choses durant la tournée de presque deux ans qui a suivi la sortie de leur 1er album. Kyste, hémorragie, hôpital. Verdict des blouses blanches : « Monsieur Badbock (le dit chanteur), the dream is over ! ».
Mais comme tout bon punk qui se respecte, PUP n’avait aucune intention d’écouter les hautes autorités, qu’elles soient médicales ou maritales, en tous cas dès qu’elles semblent un peu raisonnables. Éternels adolescents, adeptes de consumer la vie par les deux bouts, parce que de toute façon y’a NO FUTUR, le groupe a sorti ce deuxième album tel un pied de nez à la sagesse et à l’ennui. On y retrouve des thèmes assez classiques chez tout bon punk qui se respecte : l’alcool, la vie de tournée, la drogue, ne pas grandir, et « bro before whore« .
Et quand nous on mange bio et qu’on fait des cures de deux semaines sans alcool car la 30aine nous rattrape, ben on se retrouve à vivre par procuration à travers des albums d’une urgence tel que celui-ci. On chante avec les cÅ“urs sur les tubes qui jonchent ce disque et on se croirait encore au lycée avec de la bière à moins de 80 centimes à la main, invincible.
Ce deuxième disque de PUP rappelle le 1er disque de FIDLAR, dans sa capacité à la violence urgente tout en mélodie pop. Sauf que les FIDLAR se sont fait rattraper par l’âge, qu’ils se sont rangés dans le rang, et ont sorti un deuxième album qui s’en ressent. Pas de ça chez PUP. Peut-être qu’ils crèveront à 33 ans sur scène, mais c’est les meilleurs qui partent le plus tôt de toute façon !
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NOFX n’avaient pas l’habitude d’écrire des chansons de plus de 3 minutes. Fat Mike avait même une aversion pour les chansons longues. Et pourtant, en Novembre 99, les musiciens californiens, sûrement sous prods et sous alcools en tout genre en ont décidé autrement. Et pour ma part, ce fut une claque monumentale !
Album se résumant au morceau – titre de 18 minutes, « The decline », est un constat effroyable, un cri du cÅ“ur, sur l’état de l’Amérique contemporaine, de l’Homophobie, des Catholiques, du Klux Klux Klan, du lobby de la NRA, des mères sous prozac, du racisme, de la jeunesse destroy qui se flingue Vitesse Grand V, du Déclin de l’Amérique, et l’arrivée de Donald Trump dans le bureau ovale ne vas pas arranger les choses.
Album visionnaire, album d’une ambition absolument démentielle et proche de la vanité, du péché d’orgueil, « The Decline » va pourtant s’accrocher au légendaire. Toucher le céleste.
Album préféré de mes soirs de cuites, dans lesquelles j’aime tellement le chanter à tue-tête sans jamais connaitre les paroles, yaourt culte sur une chanson culte, enregistrée pourtant dans la douleur par ces musiciens punks qui ont pour le coup usé de beaucoup de came pour pondre ce machin anti – nationaliste, anti bannière étoilée, structuré comme un morceau de musique classique, destructuré comme les fondations d’un pays au bord du suicide, « un géant aux pieds d’argile » comme chantait Renaud dans « Manhattan – kaboul »,
Morceau impossible à refaire en live, et pourtant, ironie du sort, NOFX le joua en live pour la première fois en entier, en France, à Paris en 2012 dans une salle appelée Le bataclan, j’y étais, et c’était grand !
Je conclue cette chronique sur cette célèbre phrase du morceau vers la fin « One more Pill to cure the pain ». Fucking USA !