Dee Dee Black est un ancien masseur de stars du rock et un ancien prof de basse – Il vous racontera des histoires incroyables sur la scène Hard rock, métal et rock en général – Des histoires nulles, des anecdotes indispensables pour briller en société, des vérités crues sur vos idoles, des phrases cultes entendues au coin d’un bar miteux de Leeds. Tout cela vous sera raconté par cette légende inconnue qu’est Dee Dee Black, qu’est devenu un peu fou mais qui a une mémoire d’éléphant.
Béton donne les rennes du 93.6 aux groupes d’Aucard de Tours 2015.
Au programme: leur vie, leur oeuvre, leurs chansons préférées, histoire que vous les connaissiez un petit peu mieux et que vous veniez les voir le jour J!
Ce groupe de l’Ontario s’appelle Metz puisqu’un jour, les mecs en vacances en France, sont tombés amoureux de la Ville de Moselle – Si si, on parle bien de la même – Ils sont tombés amoureux de l’architecture, des transports en commun, de la vie culturelle et de la météo. Et ce sont des fous aussi de The feeling of Love, groupe Messin, alors quand ils ont décidé de former ce groupe de rock, ils ont également décidé de rendre hommage à la ville et au groupe. Vous voyez ?
Arrêtons-là maintenant l’historique et parlons du contenu de ce skeud sorti à nouveau sur SUB POP, comme le premier.
Dès les premières notes de ce disque rempli de poésie en barre -le morceau « Acetate » ou « I.O.U » par exemple – on peut se dire déjà que les mecs jouent fort ! Ils jouent aussi de façon très crade, ils jouent aussi un peu punk, on a l’impression de retrouver ce fameux adage « Campaign for musical destruction » avec la note de musique barrée des 80’s. Vous voyez ?
METZ, ça ressemble à du NO MEANS NO qui jouent fort comme du HELMET, avec quelque chose de JAY REATARD qui aurait mangé les NEW BOMB TURKS. Ce m’évoque aussi la radicalité d’un NIRVANA, période Bleach, là où les structures musicales n’existaient pas. Vous voyez ou pas ?
C’est relativement difficile d’accès, car il n’y aucun moment de pose, et je crois sincèrement que ces 3 chevelus là n’en ont rien, mais alors rien à foutre, et qu’ils aimeraient que les gens se foutent sur la tronche pendant leur concert ! Vous voyez ou alors pas du tout ?
2005, y’a dix ans. J’ai 16 ans et c’est l’excitation du début des années lycée. Les premières bières et les premiers concerts. Je commence à fréquenter quelques musiciens, à défaut d’en faire moi-même. Quelques connaissances en pleine hype montent un groupe de reprises de pop. De brit pop même. C’est la grande époque des 1er albums explosifs de Franz Ferdinand, The Subways, Jet, The Vines et consorts.
C’est à l’un des concerts de ce groupe que j’entends pour la première fois un morceau de Bloc Party. Même plus ou moins massacré par mes potes, ça me bluff. On me file discrètement une copie illégale de l’album Silent Alarm dans un coin sombre de la cours de récré, que je glisse le soir même sur le chemin du retour dans mon baladeur CD (le même qui m’a fait découvrir Arcade Fire, béni soit-il).
La claque est instantanée. Une énergie folle se dégage du titre d’ouverture : Like Eating Glass. Il y a une froideur qui se dégage de ce morceau qui lui confère un statut vraiment particulier, assez hors du temps, porté par la voix haut-perchée et inimitable du charismatique Kele Okereke. Les sons de la batterie sont ultra secs et bruts, la guitare toujours dans les aigus. C’est complètement fou, la batterie fait taper du pied, la guitare papillonne dans mon ventre, et la voix ne quitte pas le haut de mon crâne. Un expérience complètement physique de la tête aux pieds.
Alors que la dernière note finit de résonner, encore abasourdi, l’enchaînement est immédiat. Avec LE tube de l’album : l’immortel Helicopter. Le rythme se fait encore plus enlevé, dès les premières notes. Je ne sais plus où j’habite, j’ai envie de me jeter dans un pogo avec les arbres qui bordes le chemin, de faire un slam sur les voitures, d’écraser le caniche de la voisine. Le morceau réveille quelque chose de clairement animal en moi, et je crains d’arracher mes vêtements en pleine rue quand, enfin, le calme salvateur arrive avec le troisième titre, plutôt bien choisi vu mon état : Positive Tension. Comme si le groupe avait pitié de nous, la tension retombe mais pour une courte durée seulement. Bonjour l’explosion du crâne sur le break après la montée folle à la moitié du morceau.
Je vais passer sur les autres titres complètement fous que tout le monde connait comme Banquet, ou des chansons plus pop du style This Modern Love. Je ne sais pas si c’est la patine nostalgique du temps qui fait ça, mais chaque morceau réveille en moi un sentiment bien particulier, et aucun ne me laisse encore aujourd’hui indifférent. Le groupe n’a jamais réussi à revenir à cet énergie brute qui se dégage de Silent Alarm, malgré une discographie aujourd’hui imposante. Il y a des éclairs de génie impossibles à reproduire, et qui marquent une vie. C’est le cas de ce premier album des Bloc Party, à jamais dans ma discographie idéale.